« Une autre fois, Jésus entra dans une synagogue ; il y avait là un homme dont la main était paralysée. »
On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat ; on pourrait ainsi l’accuser. Il dit à l’homme qui avait la main paralysée : « Viens te mettre là devant tout le monde. » Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de tuer ? » Mais ils se taisaient." Jésus questionne la foule devant la dureté du cœur de ses responsables. « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien plutôt que de faire du mal ? » « Ils se taisaient. » Nous connaissons tous ces silences accablants ! Jésus voit cet homme avec sa main paralysée, il suscite la compassion : « Viens te mettre là, devant tout le monde. » Une main desséchée renvoie à notre capacité d’agir qui peut-être amoindrie, faible, inopérante, paralysée dans sa dimension individuelle et collective. Jésus est un messager de paix, il est sensible à la souffrance et à la misère de ses frères, il ne cherche que leur libération. Mais il est observé, va-t-il guérir cet homme le jour du Sabbat ! Nous pouvons, nous aussi, avoir l’expérience d’être observé de cette manière, pour être accusé dans notre vie ! Dans notre vie, y-a-t-il des "mains desséchées ?" Le pauvre n’est pas reconnu comme une personne, il est utilisé dans l’Evangile pour accuser Jésus qui le guérirait. Jésus est navré de l’endurcissement de leurs cœurs !
"Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il l’étendit, et sa main redevint normale." Jésus agit au point de mettre sa vie en danger. Il est suffisamment fort, pour risquer sa vie par ce geste et tous les autres secours qu’il fera de la sorte aux pauvres. Jésus sait qu’il va provoquer le scandale des pharisiens en guérissant cet homme le jour du sabbat. Le chemin des Adversaires de Jésus offre des similitudes avec le chemin de Goliath ! C’est le désir d’arriver à la victoire par leurs propres moyens. David préfigure Jésus dans cette victoire de l’Amour quand il veut la libération des Philistins. Son chemin annonce celui de Jésus. David est jeune encore, il met sa confiance en Dieu : « Le Philistin s’avançe et il regarde David avec mépris : Suis-je donc un chien pour que tu viennes vers moi avec un bâton ? » Il lui lance une malédiction : « Je te donnerai en pâture aux oiseaux du ciel ! » David répond : « Tu marches contre moi avec l’épée, la lance, le javelot, mais moi c’est au nom du Dieu vivant. » Étends la main dit Jésus à cet homme. Il l’étendit et sa main redevint normale. C’est par la faiblesse et la pauvreté qu’il obtient la victoire.
« Une fois sortis, les pharisiens se réunirent avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr. » Pour les pharisiens et les partisans d’Hérode il est déjà question de tuer Jésus. Ils sont mus par leur orgueil dans cet Evangile de liberté, d’amour et de miséricorde. Les prises de positions de Jésus, ses actions, sont insupportables pour eux. L’endurcissement du cœur de ces pharisiens provoque la colère de Jésus. C’est déjà l’annonce de la Passion et de la mort du Christ. Nous demandons la grâce de sortir de cet aveuglement dans lequel ces hommes sont prisonniers. Sur notre chemin, sans cesse, des signaux nous sont donnés par Dieu pour sortir de cette violence. Les pauvres nous sont donnés pour ouvrir notre cœur : « Est-il permis le jour du sabbat de faire du bien plutôt que de faire du mal ? » Nous ne nous appuyons pas sur nos propres forces, mais sur l’amour de Dieu. Nous voulons être des serviteurs, nous demandons que Dieu fasse son œuvre comme David qui annonce Jésus. « Sache qu’aujourd’hui le Seigneur me donnera la victoire. » David avec sa fronde atteint la tête de Goliath, symboliquement l’orgueil caché des pharisiens et des partisans d’Hérode atteint par Jésus. Il triomphe parce qu’il a laissé à Dieu sa place.
