(200 ;210 ; 213) Jean-François et l’angoisse de vivre. La famille de Jean François a de grandes responsabilités dans la société. Quand nous sommes à ce niveau de l’intelligence humaine, nous nous heurtons à une vraie difficulté pour rejoindre les personnes pauvres de l’Arche. C’est là que la dimension du cœur est saisie d’une manière spéciale. La confiance et l’abandon se révèlent alors très nécessaire. Jean-François avait un père qui occupait de grandes fonctions publiques en France. Ses frères et sœurs sont très “brillants” et se sont lancés dans de belles carrières publiques. Si je tiens ce langage à Jean François, je peux lire l’angoisse sur son visage. L‘apparence extérieure de Jean-François est très mondaine et tres soignée. Avec “l’étranger”, le visiteur on ne peut rien déceler de son handicap, de son « ignorance » ! Mais si nous entrons en relation verbale avec lui, ayant établi au préalable une véritable communion,
Jean-François se montre très démuni et si différent. Il se sait « découvert » ! Pour approfondir en lui toutes les capacités qui s’y trouvent, Jean-François a besoin d’être sécurisé. Il m‘appelle par mon nom, comme pour se rassurer , ensuite il ne me cache pas son angoisse : « Ça m’angoisse, dit-il, je ne comprends pas cela ». Cependant la finesse et l’intuition de Jean-François sont très grandes. Dans la célébration de l’eucharistie qu’il aime recevoir, son cœur comprend beaucoup de choses. Il peut alors faire allusion à la prochaine messe à laquelle il désire participer comme servant d’autel. Il peut reprendre à son propre compte la réflexion de Didier. « Je n’ai pas beaucoup compris ton homélie mais mon cœur est tout brûlant » ! Les personnes handicapées ont besoin d’entendre s’exprimer le mystère Eucharistique auquel elle participe si intensément. "Je te bénis Père d’avoir révélé ton secret aux tous petits"
Pour chacune de ces personnes, s’ouvrent des perspectives de vie spirituelle qui sont si réelles. Elles sont incapables de mettre des paroles sur le mystère vécu profondément, quand ces paroles sont posées, la vie de communion est établie durablement. Jean François peut alors témoigner au monde du don de Dieu. Un nouvel équilibre peu s’établir dans sa famille avec un grand respect de l’autre, du différent.